Note de l’éditeur: Il s’agit ici de l’anvant-propos du livre “Climate in Crisis: Who’s Causing It, Who’s Fighting It and How We Can Reverse It Before It’s Too Late« , par Robert F. Kennedy, Jr. et Dick Russell.

Pour la cupidité, toute la nature est insuffisante. – Sénèque (Artiste, Dramaturge, Homme d’état, Philosophe ( – 65)

Bien avant qu’elle ne se tourne vers la destruction systématique de la planète, l’industrie du charbon s’est fixé comme objectif de détruire au bulldozer la démocratie américaine et nos valeurs.

Le terme « État profond » est l’un de ces termes toxiques qui met en évidence et exacerbe le gouffre croissant entre démocrates et républicains. Et ironiquement, la polarisation est justement un objectif stratégique clé pour la sinistre cabale que l’expression décrit si bien.

Les populistes de droite utilisent le terme Deep State, état profond, pour caractériser les auteurs supposés de la longue liste des rétrogradations sociales et économiques qui ont mortellement blessé la classe moyenne américaine en déclin. Son effacement a été si systématique et complet qu’il leur semble évident que celui-ci a été planifié.

Selon eux, un groupe d’aristocrates de l’ombre, dirigé par George Soros et feu David Rockefeller, manipule des institutions obscures comme la Réserve fédérale et le Council on Foreign Relations afin de transférer richesse et pouvoir aux élites milliardaires, dans le but ultime d’atteindre le « gouvernement mondial ».

Pour affaiblir psychologiquement les Américains, les alliés de ces aristocrates secrets parmi les « élites d’Hollywood » ont délibérément déprécié notre culture en infiltrant la télévision et le cinéma avec sexe et violence. Ces élites sapent délibérément la démocratie américaine, subvertissent les droits Constitutionnels et mènent une guerre économique et culturelle contre la classe moyenne américaine, notre démocratie et notre souveraineté nationale.

Puisque toutes ces cohortes ont consacré beaucoup d’énergie à alarmer le monde entier au sujet du changement climatique, le débat sur le réchauffement climatique est devenu une caractéristique importante de leur cosmologie. La décarbonisation est considérée comme une nouvelle attaque contre l’économie américaine et un stratagème du gouvernement mondial.

Comme toute théorie du complot, celle-ci comporte des pépites de vérité.

Les démocrates, quant à eux, rejettent les discours d’un “État profond” comme les délires des théoriciens du complot de droite induits en erreur. Ils soulignent que les tsars d’Hollywood comme Tom Hanks et Barbra Streisand sont très éloignés du pouvoir réel, tout en faisant valoir que c’est Wall Street qui a poussé le sexe et la violence sur nos écrans de télévision. La pornographie, après tout, vend du sexe.

David Rockefeller est décédé en 2017, et les autres membres de la famille Rockefeller ont des intérêts très diversifiés et peu d’appétit démontré pour un gouvernement mondial. Les démocrates soulignent que George Soros a 90 ans, et gère de vastes investissements dans le pétrole et le gaz avec des bénéfices annuels qui éclipsent ses contributions relativement minuscules à l’activisme sur le changement climatique. Son Council on Foreign Relations est un Think Tank anémique, ses membres se voyant principalement pour peaufiner des résumés et côtoyer un Henry Kissinger grabataire. Le conseil n’a pas de position sur les questions de politique étrangère et publie surtout des livres blancs d’information qui recueillent principalement de la poussière.

Mais l’État profond existe bel et bien. Il a déjà effacé la classe moyenne et mis la démocratie à genoux. Le véritable pouvoir derrière le rideau est un conglomérat d’entreprises – charbon, pétrole, produits chimiques, acier et pharmaceutiques, récemment rejoints par les télécommunications, Big Tech /Big Data – tous liés, dans un réseau de corruption, et lié à notre appareil mondial de renseignement militaire.

C’est bien ce conglomérat de barons voleurs modernes qui fait la guerre à la démocratie, aux droits civiques et aux classes inférieures, tout en conduisant notre pays sur la voie de la ploutocratie et de l’apocalypse environnementale.

Et qui a déclaré la guerre à la démocratie et aux libertés de l’Amérique. Quiconque doute de l’existence de l’État profond devrait lire la myriade d’histoires de la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis, y compris« Legacy of Ashes» de Tim Weiner, « TheDevil’s Chessboard» de David Talbot et « JFK and the Unspeakable» de James Douglass.

John D. Rockefeller a jeté les bases de ce conglomérat en manifestant sa volonté impitoyable de contrôler le monopole de l’approvisionnement mondial en pétrole. (Sa société, Standard Oil — aujourd’hui ExxonMobil — contrôlait 90 % de l’approvisionnement en pétrole des États-Unis). Le cartel pharmaceutique est la progéniture des industries américaines du pétrole et du goudron de charbon de Rockefeller et des chimistes du 3ème Reich, qui ont été profondément impliqués dans l’Holocauste et l’effort de guerre nazi.

Rockefeller a pris des parts majoritaires dans IG Farben (aujourd’hui Bayer, le conglomérat chimique et pharmaceutique allemand). Sa “philanthropie” s’est concentrée sur sa philosophie de promouvoir les produits pharmaceutiques à base de pétrole et de marginaliser les médecines alternatives précédemment populaires : ostéopathie, homéopathie, remèdes naturels et médicaments à base de plantes ou phytothérapie.

Pendant des décennies, la famille Rockefeller a possédé environ 80 % de l’industrie pharmaceutique américaine. Aujourd’hui, l’Empire Rockefeller — en tandem avec JP Morgan Chase — continue de posséder la moitié de l’industrie pharmaceutique aux États-Unis.

Le petit-fils de John D. Rockefeller, David, avec ses liens avec les industries pétrolières et pharmaceutiques et la banque internationale et grâce à son amitié avec Allen Dulles, premier directeur civil de la Central Intelligence Agency (CIA) était certainement parmi les Grands Manitous de l’État profond.

David Rockefeller a utilisé sa relation étroite avec la CIA, d’abord par l’intermédiaire de Dulles, et son poste d’administrateur, puis de président du Council on Foreign Relations, pour faire la guerre aux mouvements nationalistes et aux démocraties représentatives du monde entier chaque fois qu’ils menaçaient les profits de ses intérêts pétroliers, minéraux, chimiques, pharmaceutiques ou bancaires.

Toutes ces histoires nous révèlent le Big Carbon comme le centre de gravité de la conspiration.

La CIA et l’armée ont entretenu une longue et douillette relation avec King Coal et Big Oil. Depuis l’abolition de l’esclavage, le remplacement par la Marine des flottes de voiliers par des transports à base de combustibles fossiles, et l’introduction de produits pharmaceutiques à base de pétrole, les guerres américaines ont été, dans une plus ou moins grande mesure, des luttes stratégiques pour le contrôle des ports houilliers, des routes maritimes et des champs pétrolifères.

La première grande excursion étrangère de l’Amérique fut la guerre d’Indépendance Cubaine. En 1898, la presse à scandale américaine a fait appel à l’idéalisme de la Nation pour susciter un soutien populaire en faveur de l’intervention des États-Unis, censée soutenir les révolutionnaires cubains dans leur lutte pour l’indépendance de l’Espagne. Pour créer un prétexte à l’intervention, les militaristes du Deep State ont mis en scène le sabordage du « faux drapeau » false flag du cuirassé, l’USS Maine dans le port de La Havane, et ont imputé le naufrage à l’Espagne.

Leur véritable objectif est devenu clair peu après la victoire des indépendantistes cubains sur l’Espagne.

Les militaristes de l’État profond ont volé à la nouvelle nation son port le plus important, expropriant Guantanamo Bay comme un terminal de charbon naval. Un siècle plus tard, Guantanamo, symbole de l’abandon par l’Amérique de sa répulsion pour l’impérialisme, est devenu le lieu où l’Amérique a repoussé sa répulsion quasi séminale contre la torture.

Aujourd’hui, Guantanamo Bay est une sorte d'”anti-État de la liberté” – un symbole continental de l’abandon des valeurs américaines fondamentales au complexe militaro-industriel du Deep State, avec sa faim dévorante de carbone et son ambition de contrôle autoritaire.

Après Cuba, la protection des ressources pétrolières et charbonnières et des ports américains est devenue une raison d’être pour un défilé sans fin de nouvelles guerres et d’interventions américaines.

La structure politique d’une nation tend à refléter son organisation économique. Lorsque les grandes industries sont détenues et contrôlées par un petit groupe d’individus riches, la nation elle-même devient économiquement stratifiée et tyrannique.

Le charbon et le pétrole sont des industries autoritaires. Ils sont fortement capitalisés et reposent sur un contrôle impitoyable de l’immobilier et des ressources. Alors que la plupart des pays déclarent que leurs ressources pétrolières appartiennent à l’État, dans la pratique, les citoyens les plus pauvres partagent rarement les bénéfices pétroliers. Les grandes multinationales, souvent alliées aux oligarques locaux, trouvent invariablement et systématiquement des moyens de voler et de monopoliser ces ressources.

Le terme “malédiction du pétrole” décrit la dynamique quasi universelle par laquelle les gouvernements des nations ou des États disposant de riches réserves de pétrole se transforment invariablement en organes hautement militarisés et despotiques, brutaux et dictatoriaux.

Les économies dépendantes du pétrole favorisent généralement des écarts de richesse énormes entre une gouvernance totalitaire riche et pauvre et violente. La pertinence stratégique du pétrole et de l’acier font de ces industries des alliés naturels de l’appareil militaire et du renseignement.

En 1954, le directeur de la CIA, Allen Dulles, a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Iran, après que le premier ministre bien-aimé du pays, Mohammad Mossadegh – le premier chef d’État démocratiquement élu en Perse en 4000 ans d’histoire – a commis le « crime » de menacer de nationaliser les champs pétroliers contrôlés par BP et Texaco. (Texaco était auparavant le client de Dulles au sein du cabinet d’avocats Sullivan & Cromwell, spécialisé dans les chaussures blanches). Voir https://en.wikipedia.org/wiki/White-shoe_firm (ONE MORE NOTE ON THIS NECESSARY TO EXPLAIN)

Dulles a installé le Shah pour gouverner l’Iran et protéger les intérêts financiers de son client de compagnie pétrolière. Soixante-dix ans plus tard, le monde entier souffre encore du retour en arrière de ce coup d’État. La crise des otages en Iran de 1979 (précipitée lorsque David Rockefeller et son ami, Henry Kissinger, ont fait pression sur le président Jimmy Carter pour qu’il accueille le Shah d’Iran destitué aux États-Unis afin de protéger les biens de Chase Manhattan); la montée de l’islam militant; les guerres en Afghanistan, en Irak et en Syrie (qui ont inondé l’Europe de réfugiés déplacés, sapant l’unité et les démocraties de l’Europe); et notre inimitié continue avec l’Iran, une nation qui, à tous les autres égards, devrait être notre plus proche allié au Moyen-Orient — sont tous en recul par rapport à ce coup d’État antidémocratique.

Les fondateurs ont reconnu que l’Amérique ne pouvait pas être à la fois une puissance impériale à l’étranger et une démocratie constitutionnelle chez nous. C’est un axiome fondamental de la politique étrangère américaine que notre gouvernement démocratique ne doit pas entraîner l’Amérique dans des guerres étrangères. Le président John Quincy Adams, 6ème président des États-Unis de 1825 à 1829, a résumé le consensus des fondateurs, lorsqu’il déclarait :

« ne va pas à l’étranger, à la recherche de monstres à détruire.[America] C’est elle le garant de la liberté et de l’indépendance de tous. Elle n’est le maître et le défenseur que d’elle-même. Elle saluera la cause générale par le visage de sa voix, et la sympathie bienveillante de son exemple.

Mais les titans américains du carbone ont réussi à surmonter ces réticences et ont déployé l’armée américaine comme leur armée privée, étendant sa portée pour protéger les intérêts mondiaux de Big Carbon.

Allen Dulles a aidé sa cabale du Deep State, alimentée par le pétrole, à faire en sorte que l’Amérique s’écarte de son principe traditionnel de non-intervention. Mon grand-père a choisi le combat de plus de 60 ans de notre famille avec la CIA en 1954, lorsque le président Eisenhower l’a nommé à une commission, présidée par l’ancien président Herbert Hoover, pour enquêter sur la CIA.

Le principe officiel de la politique étrangère américaine était de soutenir l’expansion de la démocratie. Pourtant, la Commission Hoover a constaté que la CIA travaillait, de concert avec les compagnies pétrolières, en opposition directe avec la politique officielle du Département d’État américain, et se livrait régulièrement à des comportements situés aux antipodes des valeurs américaines.

Après la pensée du président Adams, mon grand-père croyait que l’Amérique ne pouvait pas être à la fois une puissance impériale et une démocratie constitutionnelle. Il était en colère et dégoûté d’apprendre que Dulles et son agence renversaient les gouvernements, perturbaient les élections, soudoyaient les politiciens et sapaient la démocratie dans le monde entier au service des grandes compagnies pétrolières et minières, ainsi que de l’agriculture industrielle et chimique.

La CIA a orchestré le changement des gouvernements d’autres pays 72 fois pendant la guerre froide, affectant près d’un tiers des nations sur Terre.

J’étais au Chili en 1973, lors du coup d’État orchestré par la CIA et David Rockefeller dans le seul but de protéger les intérêts américains dans les télécommunications (ITT), les banques (Chase), le pétrole (Texaco), les produits chimiques (DuPont et Dow), l’alimentation (PepsiCo Inc) et les intérêts miniers (Anaconda) — tous menacés de nationalisation par le président Salvador Allende. Une patrouille de l’armée m’a tiré dessus – et a failli me tuer – alors que je me déplaçais à pied pour traverser les Andes jusqu’en Argentine. J’étais très conscient du rôle clé joué par David Rockefeller et le géant américain des télécommunications ITT Corporation (International Telephone and Telegraph).

La soif stratégique de pétrole et la nécessité de protéger les infrastructures pétrolières ont motivé la plupart des interventions de la CIA. Les fantômes de la CIA et les unités paramilitaires travaillaient souvent main dans la main avec des mercenaires et des armées privées, que les compagnies pétrolières américaines payaient, armés et entraînaient.

Les seigneurs de la guerre et les politiciens étrangers, engraissés sur les salaires des compagnies pétrolières, ont régulièrement vendu les intérêts de leurs propres nations (et assassiné leurs propres citoyens) pour servir les ambitions des compagnies pétrolières. Ils ont financé et formé des dizaines de milliers de membres de l’industrie pétrolière à travers le Moyen-Orient en tant que paramilitaires, pour combattre les Soviétiques et détruire les infrastructures pétrolières pour empêcher sa capture en cas d’invasion soviétique.

Selon le biographe David Talbot, Alan Dulles était incapable de faire la distinction entre les intérêts nationaux américains et les intérêts de ses anciens clients de l’industrie pétrolière. En fait, les intérêts nationaux américains ont été relégués au second plan par rapport aux bénéfices des actionnaires.

Mon grand-père a recommandé le démantèlement de la division “Plans” de la CIA. Il craignait que la dangereuse alliance des appareils militaires et de renseignement avec les gros bonnets de l’industrie pétrolière n’ait des conséquences désastreuses pour la démocratie américaine et notre réputation mondiale, transformant potentiellement l’Amérique en un État de sécurité nationale. Il a reconnu que les grandes sociétés pétrolières n’ont aucune loyauté envers l’Amérique, encore moins envers nos valeurs fondamentales.

Une déclaration du PDG d’Exxon, Lee Raymond, lors d’une réunion d’ExxonMobil en 1998, a confirmé les soupçons de mon grand-père sur le manque essentiel de patriotisme chez les pétroliers : « Je ne suis pas une entreprise américaine, a déclaré Raymond, et je ne prends pas de décisions basées sur ce qui est bon pour les États-Unis. »

Ce n’est pas un hasard si le pivot de l’État profond, Charles Koch (fondateur de Koch Industries, la plus grande compagnie pétrolière privée au monde), a fait fortune en construisant des raffineries pour le dictateur communiste meurtrier Joseph Staline. Koch et ses fils ont déployé des milliards de dollars mal acquis pour créer une infrastructure de think tanks du deep state comme la Heritage Foundation, le Cato Institute et le Competitive Enterprise Institute, en leur confiant la tâche de créer les bases philosophiques de la domination de la démocratie américaine par les entreprises et les militaristes.

Le jour de mon septième anniversaire, le 17 janvier 1961, trois jours avant l’investiture de mon oncle John F. Kennedy (JFK) en tant que 35e président des États-Unis, le président sortant Dwight D. Eisenhower a prononcé le plus grand discours de sa carrière, mettant en garde les Américains contre l’État profond, qu’il a appelé le « complexe militaro-industriel ».

Eisenhower a averti que le cartel pourrait détruire notre démocratie:

“Cette conjonction d’un immense établissement militaire et d’une grande industrie de l’armement est inédite dans l’expérience américaine. L’influence totale – économique, politique et même spirituelle – se fait sentir dans chaque ville, chaque État, chaque bureau du gouvernement fédéral… [N]ous ne devons pas manquer d’en comprendre les graves implications. Notre travail, nos ressources et nos moyens de subsistance sont tous concernés, tout comme la structure même de notre société”.

Eisenhower a poursuivi:

“Dans les conseils de gouvernement, nous devons nous prémunir contre l’acquisition d’une influence injustifiée, recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d’une montée désastreuse d’un pouvoir mal placé existe et persistera”.

Eisenhower avertit que les Américains doivent apprendre à reconnaître et à se prémunir contre tous les jalons de la tyrannie :

“Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou nos processus démocratiques. Nous ne devons jamais considérer quelque chose comme acquis. Seuls des citoyens vigilants et bien informés peuvent imposer le bon fonctionnement d’une énorme machine de défense industrielle et militaire et de nos méthodes et objectifs pacifiques, afin que la sécurité et la liberté puissent prospérer conjointement”.

Le même jour que le discours d’Eisenhower, quelques jours avant que mon oncle ne prête serment, des espions du renseignement belge — avec le soutien de la CIA d’Allen Dulles — ont assassiné le leader charismatique du Congo, Patrice Lumumba.

En tant que sénateur américain, JFK avait utilisé son poste de président du Sous-comité du Sénat américain sur les affaires africaines pour soutenir Lumumba et d’autres dirigeants anticoloniaux. Dulles méprisait les sympathies de mon oncle pour les mouvements de libération africains et, en particulier, son admiration pour Lumumba.

Dulles voulait commettre ce meurtre avant l’arrivée au pouvoir de JFK. Le Congo se classe parmi les nations les plus riches du monde en termes de richesses minérales et de ressources naturelles, y compris ses abondants gisements de pétrole. Les compagnies minières et pétrolières américaines et européennes salivent à l’idée d’exploiter les tensions tribales pour découper la nation nouvellement libérée en petits morceaux qu’elles pourraient facilement dévorer et dominer.

Ils savaient que Lumumba était le seul dirigeant congolais ayant le charisme et la popularité nécessaires pour unir toutes les tribus rivales se menant la guerre au Congo.

Le meurtre de Lumumba a choqué et attristé mon oncle. Il ne vivra pas assez longtemps pour apprendre le rôle de la CIA dans l’orchestration de ce coup pour Big Oil et le Deep State.

A partir de 1958, Dulles a travaillé avec le vice-président belliqueux d’Eisenhower, Richard Nixon, complotant pour évincer le nouveau leader révolutionnaire de Cuba, Fidel Castro, qui plus tôt cette année-là avait renversé le brutal dictateur Fulgencio Batista et ses acolytes de la mafia.

Nixon et Dulles ont persuadé Texaco de fermer sa raffinerie cubaine, indispensable au pays, puis United Fruit Company – un autre des anciens clients d’Allen Dulles – de cesser ses exportations de sucre cubain, afin d’écraser leur économie et de détruire le régime révolutionnaire de Castro.

Castro et son lieutenant, Che Guevara, étaient des marxistes avoués, mais leurs collègues révolutionnaires embrassaient un large éventail d’idéologies concurrentes qui étaient principalement démocratiques et anti-Batista.

Les frappes préventives de la CIA, décidées à affamer la petite nation, ont forcé Cuba à se tourner vers la Russie pour obtenir de l’aide financière. Les Soviétiques ont accepté de sauver les Cubains assiégés en échangeant du pétrole russe contre du sucre cubain.

La CIA a riposté avec le bombardement aérien d’un centre commercial de La Havane. Cet acte de terreur illégal de la CIA a donné à Castro la force politique de déclarer son nouveau régime communiste pour la première fois. Il en a fait l’annonce lors des funérailles des victimes de la CIA.

En 1989, Castro m’a dit : “Les États-Unis ont aidé Cuba à embrasser le marxisme.”

Lorsque JFK a rejeté la demande de la CIA de transporter la brigade « Bay of Pigs » dans des navires de guerre, l’ancien client de Dulles, United Fruit Company, a fourni à la CIA une flotte de navires pour soutenir l’invasion. Lorsque les forces écrasantes de Castro ont, comme prévu, piégé la brigade sur la plage de Playa Girón, JFK a refusé la demande de la CIA pour un soutien aérien des forces américaines.

Dulles avait assuré à JFK qu’une intervention militaire américaine ne serait en aucun cas nécessaire. JFK s’est rendu compte que Dulles et d’autres fonctionnaires de la CIA et des militaires lui avaient menti. Il a dit à ses plus proches conseillers: « Je veux briser la CIA en mille morceaux et les disperser aux vents. »

JFK a démis Allen Dulles de ses fonctions après la tentative d’invasion militaire de Cuba de la Baie des Cochons, mais Dulles a continué à diriger la CIA de loin, et il reviendra au gouvernement en 1963 pour diriger l’enquête de la Commission Warren sur la mort de JFK. Il s’est servi de ce poste pour dissimuler la profonde implication de la CIA dans l’assassinat de JFK.

Mon oncle et mon père ont consacré leur carrière – et donné leur vie – pour sauver la démocratie des griffes du cartel de l’État profond. Ils ont fait rager les hommes du pétrole de Dallas par leurs efforts pour révoquer la Oil Depletion Allowance et d’autres subventions fiscales, qui prévoyaient alors une aide sociale aux entreprises pétrolières américaines d’une valeur de 185 millions de dollars par an.

Les producteurs de pétrole du Texas ont payé zéro impôt sur le revenu sur 27,5% de leur revenu imposable. Une poignée des magnats du pétrole de Dallas, notamment Clint Murchison, H. L. Hunt, Sid Richardson et D. H. Byrd, gagnaient des millions grâce à cette allocation. Byrd avait à lui seul un revenu annuel de 30 millions de dollars (dans les années 1960) et ne payait pas d’impôts fédéraux. Ces cow-boys de l’état providence avaient tous des liens étroits avec la CIA.

Big Steel avait également une alliance directe avec le Pentagone. En 1962, JFK a servi de médiateur dans un conflit salarial féroce entre le syndicat des métallurgistes unis et les 12 plus grandes entreprises sidérurgiques. Le président entendait maîtriser l’inflation en luttant contre la spirale des prix et des salaires. Ses délicates négociations ont abouti à un accord extraordinaire : les travailleurs ont accepté un gel des salaires et les sidérurgistes ont accepté de geler les prix de l’acier.

Peu après la signature de l’accord, le PDG d’U.S. Steel, Roger Blough, est venu dans le bureau Ovale pour annoncer que Big Steel se livrait à un double jeu. Les six principales entreprises sidérurgiques enfreignaient l’accord et faisaient augmenter unilatéralement les prix de 6 $/tonne (3,5 p. 100). Jack a dit à Blough: « Tu fais une grosse erreur. » Il a ensuite ordonné au Pentagone de transférer les contrats de construction navale des entreprises non conformes vers des entreprises plus petites qui, elles, n’avaient pas augmenté les prix.

Mon père, le procureur général Robert F. Kennedy (RFK), a envoyé des agents du FBI pour faire un raid dans les bureaux des six grandes entreprises sidérurgiques et pour transporter leurs classeurs sur des chariots. Ses collaborateur ont annoncé aux dirigeants de la sidérurgie qu’ils pouvaient s’attendre à des poursuites pour évasion fiscale et activités antitrust. Il s’agit vraiment de la plus forte pression exercée par un président américain contre le pouvoir des entreprises depuis qu’Andrew Jackson a combattu les banques.

Le Wall Street Journal a dénoncé JFK pour son jeu de pouvoir à mains nues contre le Big Business. Wall Street et l’État profond ne le lui ont jamais pardonné. Mais ce n’était que le début de la guerre de Camelot – siège de la Cour mythique du Roi Arthur – contre l’État profond.

JFK a défendu Rachel Carson, dont le livre, “Silent Spring« , Printemps Silencieux, a finalement abouti à l’interdiction du DDT, contre Monsanto et les conglomérats chimiques.

Il a plongé les espions du Pentagone et de la CIA dans l’apoplexie lorsqu’il a refusé d’envoyer des troupes de combat au Laos, au Vietnam ou à Cuba.

Lorsqu’il a proposé une politique de détente avec Khrouchtchev et Castro, Nelson Rockefeller a accusé JFK de trahison. Jack a signé le traité d’interdiction des essais nucléaires, traité auquel l’industrie pétrolière s’est violemment opposée. Les compagnies pétrolières étaient les plus grands producteurs d’uranium des États-Unis et elles craignaient que la paix ne mine leur modèle économique.

Mon oncle Jack est mort deux mois après avoir signé le traité d’interdiction des essais atmosphériques, et 14 semaines après avoir signé le Décret de Sécurité Nationale 267, qui ordonnait à tous les représentants américains de quitter le Vietnam en décembre 1965.

La mort de JFK a permis aux pétroliers texans d’économiser des centaines de millions de dollars en repoussant pour toujours son projet d’abrogation de la Oil Depletion Allowance.

Le premier instinct de mon père était que la CIA avait assassiné son frère. Moins de deux ans plus tard, Lyndon Baines Johnson a envoyé près de 250 000 soldats américains au Vietnam, transformant le conflit civil de ce pays en une guerre américaine, dans laquelle plus de 58 000 Américains et des millions de Vietnamiens allaient perdre la vie.

En 1968, mon père est mort au cours d’une campagne présidentielle menée contre la machine de guerre. Il a promis qu’il mettrait fin à la guerre du Vietnam le jour où il a prêté serment. Il a dit à son ami écrivain, Pete Hamill, qu’il avait l’intention de démanteler la CIA. Trois semaines avant son assassinat, il a annoncé publiquement qu’il avait l’intention de réouvrir l’enquête sur l’assassinat de son frère.

La mort de mon père fut l’une des cinq grandes tragédies nationales – les assassinats de JFK et de Martin Luther King Jr, la guerre du Vietnam, le 11 septembre et COVID-19 – qui permirent aux hommes qui veulent instaurer une guerre permanente de transformer l’Amérique, qui était autrefois la démocratie par excellence du monde, en un État de sécurité nationale.

JFK et RFK ont consacré leur carrière à la préservation de la démocratie et de l’idéalisme américains. L’une de leurs luttes déterminantes a été contre l’État profond, et en particulier contre les griffes du pouvoir du Big Carbon. Ma propre carrière a perpétué cette tradition.

Dans les années 1970, Exxon, anciennement Standard Oil, employait les plus brillants scientifiques du carbone au monde pour comprendre chaque étape de la production pétrolière. L’entreprise était fière d’en savoir plus sur le sort de la molécule de carbone que n’importe quel individu, société ou gouvernement sur Terre. Des documents internes, créés dans les années qui ont suivi la mort de mon père et récemment rendus publics, montrent que ces mêmes scientifiques ont averti Exxon que le maintien du statu quo ferait fondre les calottes glaciaires polaires, provoquerait une hausse du niveau des mers et déclencherait un changement climatique cataclysmique.

Raymond, PDG d’Exxon, a décrit le « changement climatique mondial » comme « la question qui constitue peut-être la plus grande menace à long terme pour notre industrie ».

Plutôt que de changer son modèle économique pour sauver l’humanité, Exxon et ses copains du carbone ont investi un demi-milliard de dollars dans une campagne de quatre décennies de mensonges et de tromperie pour faire croire à l’absurde : que le changement climatique est un canular.

Un siècle plus tôt, l’un des poètes préférés de mon père, Rudyard Kipling, décrivait une telle tromperie comme une vérité “déformée par des voyous pour en faire un piège pour les imbéciles”.

Les copains de l’État profond de Big Oil – l’appareil de renseignement, le complexe militaro-industriel et certains grands médias qui prennent exemple sur les annonceurs du pétrole et de l’automobile – se sont rendus complices de cette infâme campagne.

Deux forces dirigent la démocratie : l’argent et le pouvoir politique. L’État profond a de l’argent, mais sa mission – enrichir et autonomiser les 0,001 % les plus riches – n’est pas un puissant vecteur de populisme. A la place, il s’appuie donc sur des questions dites d’angle, ou de “guerre de la culture” pour recruter des fantassins. L’acier, le pétrole et la pharmacie déploient des troupes de front et des groupes de relations publiques, en utilisant toutes les alchimies de la démagogie : le racisme à coups de sifflet, le fanatisme contre les immigrés et les personnes de couleur, et les invocations au patriotisme et au christianisme, afin d’engager les blancs qui se sentent encore aliénés par les lois sur les droits civils des années 1960.

Les gros bonnets de Wall Street, les courtiers en puissance et les faiseurs des relations publiques parlent ouvertement d’ “éliminer les péquenots” dans leurs recoins ruraux, de gagner leur loyauté avec des palabres sur l’avortement et les Trois G : God, guns et gays: Dieu, les armes et les gays. Pour reprendre les mots du président de la Coalition chrétienne, Ralph Reed, “Ils font les chèques, et ils reçoivent la farce.”

Ces cohortes ont utilisé leur argent et leur pouvoir politique pour se fabriquer des subventions et des allégements fiscaux obscènes. (Exxon, l’entreprise la plus riche de la planète pendant les années 1990, ne payait pratiquement pas d’impôts fédéraux). Selon la Banque mondiale, Big Carbon reçoit des subventions annuelles de 5,4 billions de dollars dans le monde et de 655 milliards de dollars aux États-Unis – plus que ce que nous dépensons pour notre armée et 10 fois notre budget d’éducation.

Utilisant leur poids politique, les détenteurs du marché du charbon ont rédigé les lois qui réglementent l’énergie en Amérique pour primer les combustibles les plus sales, les plus dégoûtants, les plus tyranniques et les plus bellicistes de l’enfer, plutôt que les combustibles bon marché, propres, verts, démocratiques et patriotiques du paradis.

Les copains du charbon ont fait du changement climatique un élément déterminant de cette discussion. En inversant le récit, leur plaidoyer de la défense du changement climatique représente un sinistre effort pour établir un gouvernement mondial et priver l’Amérique de son indépendance économique et de sa souveraineté.

Le grand mensonge de Big Carbon est que tout changement du statu quo ferait augmenter le prix du gaz et anéantirait les emplois de la classe moyenne.

J’ai passé 40 ans à me battre pour empêcher les titans du pétrole et du charbon de contaminer notre eau, notre air et nos enfants avec des substances toxiques, l’arsenic, le benzène, les substances dangereuses comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le mercure qui a empoisonné tous les poissons d’eau douce en Amérique, et le charbon qui représente maintenant une menace existentielle pour notre planète. J’ai défendu ces dossiers dans toute l’Amérique.

En tant qu’associé de la société d’investissement dans les technologies propres, Vantage Point Venture Partners, et conseiller de Stanwool Energy, j’ai participé à la construction de lignes de transmission et d’infrastructures de production d’énergie propre et démocratique à partir de l’énergie éolienne et solaire, notamment les deux plus grandes centrales solaires d’Amérique du Nord.

J’ai été profondément impliqué dans la construction et le déploiement d’infrastructures d’énergie renouvelable qui sont en concurrence avec le pétrole et le charbon. Vantage Point a été le premier investisseur dans Tesla et la force motrice derrière Ivanpah, la plus grande centrale solaire thermique du monde. Je connais la technologie et l’économie de l’énergie carbone par cœur.

Les industries prédatrices utilisent toujours les mêmes tactiques. Big Tobacco a juré que fumer n’avait pas causé de cancer. Monsanto nous a convaincus que le DDT et le glyphosate étaient inoffensifs. Pharma a menti pour persuader les médecins et le public que les opioïdes ne créent pas de dépendance, que le Vioxx n’a pas provoqué de crises cardiaques, que les vaccins sont indubitablement sûrs et que l’épidémie d’autisme est une illusion. Ils utilisent les mêmes pseudo-scientifiques (du tabac) et mercenaires de la recherche qui se prostituent pour mettre au point des études frauduleuses semant le doute, paralysant la réforme politique et donnant une couverture politique à leurs politiciens apprivoisés.

Ils travaillent tous ensemble en étroite collaboration, coordonnés par leurs associations professionnelles du Capitole, des sociétés de lobbying, des agences prises en otage et des politiciens payés pour accroître le contrôle autoritaire, pour nous transformer tous en consommateurs sans cervelle, pour transférer la richesse de la classe moyenne à des ploutocrates milliardaires et pour liquider nos “montagnes pourpres majestueuses”* et notre planète entière. (*hymne patriotique américain dont les paroles ont été écrites par Katharine Lee Bates sur une musique de Samuel A. Ward. Katharine Lee Bates l’écrivit d’abord comme un poème puis le publia dans The Congregationalist en 1895. )

Ils s’enrichissent en appauvrissant le reste d’entre nous. Ils prennent en otage les régulateurs, séduisent les journalistes, corrompent la science et paient les législateurs pour pervertir la démocratie. Ils utilisent la propagande la plus sophistiquée, la guerre psychologique et toutes les formules alchimiques de la démagogie pour nous diviser.

Pendant 40 ans, j’ai travaillé avec la gauche sur la préservation, le climat, l’énergie et l’environnement. Ces dernières années, dans mes combats contre la Pharma, j’ai également travaillé avec de nombreux alliés de droite, dont les partisans de Trump.

Big Oil, King Coal et Big Pharma sont tous des titans du cartel de l’état profond de la duplicité et du contrôle autoritaire. Dans sa plus audacieuse et impitoyable perfidie, ce cartel a mis au point un pacte de suicide pour l’humanité et notre planète. Ils nous ont amenés à la veille d’Armageddon. Leur business plan représente une menace existentielle pour l’humanité.

Ils ont déclaré la guerre à la démocratie et à la liberté personnelle. Ce sont les Quatre Cavaliers – les forces apocalyptiques de l’ignorance et de l’avidité, de la peste et de la peur.

Aujourd’hui, nous vivons dans le monde assiégé que la cupidité et la désinvolture de l’État profond ont créé – le cauchemar de science-fiction que ces criminels ont imaginé. Les glaciers fondent sur tous les continents, menaçant l’approvisionnement en nourriture et en eau de milliards de personnes. Les calottes glaciaires rétrécissent, leurs eaux de fonte gonflent les océans et inondent les villes côtières. Les entreprises de pêche s’effondrent à l’échelle mondiale.

La maladie, la sécheresse, le feu, la famine et les inondations transforment la planète en des scènes qui rappellent les récits bibliques de l’Apocalypse.

Et ce n’est pas un canular. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme scientifique pour savoir que la planète se réchauffe, pas plus qu’il n’est nécessaire d’avoir un doctorat pour savoir que l’épidémie d’autisme est bien réelle. Dans les deux cas, il faut vraiment vouloir être aveugle pour ne pas voir les preuves.

Dans le court laps de temps écoulé depuis la parution de la première édition de ce livre (alors intitulé “Les cavaliers de l’apocalypse”) en 2017, le rythme du changement climatique s’est accéléré au-delà de ce que tout le monde avait alors prévu. Juillet 2019 est devenu le mois le plus chaud de la Terre depuis le début de l’enregistrement des données en 1880.

Je vis maintenant sur la côte ouest, où les saisons des feux en Californie sont deux mois plus longues qu’elles ne l’ont jamais été de toute l’histoire. Deux fois au cours des deux dernières années, ma famille a dû évacuer notre maison, dans une zone qui n’a jamais fait partie de la zone d’incendie traditionnelle.

Ma famille a une résidence d’été à Cape Cod. Deux tempêtes exceptionnelles dites “du siècle” ont frappé notre ville au cours de ces deux dernières années, détruisant une jetée qui avait résisté à tous les ouragans depuis plus d’un siècle.

Ce sont là mes signes avant-coureurs personnels des retombées prévisibles du changement climatique : tempêtes sous stéroïdes, sécheresses, famine, disparition des calottes glaciaires et des glaciers sur tous les continents, propagation de maladies tropicales transmises par les insectes, menaçant la civilisation et l’humanité.

Les incendies ont fait rage en Alaska, dans l’Arctique, au Groenland et en Sibérie ; les incendies australiens ont dévasté ce continent ; les incendies californiens sont 500 % plus importants qu’ils ne l’étaient dans les années 1970 ; l’incendie de l’Amazone entraîne un effondrement en cascade des systèmes naturels sur toute la planète. Dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, au Congo, il y a eu 50 % de plus de feux qu’en Amazonie.

Le pergélisol de l’Arctique canadien dégèle 70 ans plus tôt que prévu, et un rapport des Nations unies avertit qu’au moins 30 % du pergélisol de l’hémisphère nord fondra au cours de la vie de nos enfants, créant des boucles de rétroaction qui libéreront des milliards de tonnes de méthane, le pire des gaz à effet de serre.

En 2019, la banquise située à moins de 250 kilomètres du littoral de l’Alaska a complètement fondu pour la première fois de l’histoire. La plus grande ville de l’État, Anchorage, a été exposée à une température de plus de 32 degrés Celsius. Les saumons sont morts de stress thermique, et les niveaux d’empoisonnement par les crustacés ont grimpé en flèche. Par la suite, la calotte glaciaire du Groenland a perdu 12,5 milliards de tonnes d’eau en une seule journée. Cette calotte glaciaire comprenait suffisamment d’eau gelée pour faire monter le niveau des mers de 6 mètres dans le monde entier.

Les inondations du siècle dernier sont désormais monnaie courante aux États-Unis, en particulier dans le nord-est et le sud-est du pays. Les violentes tempêtes et l’élévation du niveau des mers déplaceront jusqu’à 280 millions de personnes dans le monde. Un rapport américain avertit que 21 villes balnéaires, dont Miami Beach, Galveston, Atlantic City et Key West, seront bientôt submergées.

L’Indonésie est déjà en train de délocaliser les millions de personnes qui vivent dans sa capitale Jakarta. Lorsque je rends visite à nos garde-côtes des Grands Lacs, je constate une augmentation constante du niveau de l’eau qui a plongé les communautés des Grands Lacs dans la crise. Les maires de Detroit et de Miami ont dû déclarer l’état d’urgence quand la montée des eaux a menacé leurs villes.

Alors même que des inondations noient nos grandes agglomérations, les météorologues prédisent des méga-sécheresses d’une ampleur inégalée depuis l’époque du Moyen-Âge. Rien qu’en France, lors de la vague de chaleur qui a balayé l’Europe en 2019, 1.500 personnes sont mortes d’un coup de chaleur. La chaleur du désert va assécher le Sud-Ouest des États-Unis d’ici quelques décennies.

Les Nations-Unies estiment que deux milliards de personnes sont déjà confrontées à une insécurité alimentaire modérée ou grave, principalement en raison du réchauffement de la planète. Des océans réchauffés et une atmosphère également plus chaude et plus humide constituent des stéroïdes pour les cyclones. J’ai rendu visite aux garde-côtes des Bahamas avant et après l’ouragan Dorian, qui, en 2019, a détruit des milliers de logements et d’entreprises à Grand Bahama. Pour beaucoup d’entre elles, des familles des Bahamas ont mis trois générations ou plus à les créer.

En août 2019, alors que les niveaux atmosphériques mondiaux de CO2 s’élevaient déjà à 415 parties par million (ppm), les citoyens islandais ont organisé des funérailles pour le glacier Okjokull, autrefois massif, et ont érigé une plaque sur laquelle on peut lire:

« Une lettre à l’avenir. [jokull]Ok est le premier glacier islandais à perdre son statut de glacier. Au cours des 200 prochaines années, tous nos glaciers devraient suivre le même chemin. Ce monument est là pour témoigner que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seul pourrez dire si nous y sommes parvenus.

Aujourd’hui, chaque semaine semble être un nouveau chapitre du Livre du Jugement dernier de l’Apocalypse, mais je vais conclure par un avertissement écrit par un prophète du désert plus de mille ans plus tôt:

Le pays était profané
par ses habitants;
Car ils polluaient la terre, transgressaient les lois,
violaient les ordonnances,
Ils rompaient l’alliance éternelle.
C’est pourquoi la malédiction dévore la terre
Et ses habitants portent la peine de leurs crimes;
C’est pourquoi les habitants du pays sont consumés,
Et il n’en reste qu’un petit nombre.

— Ésaïe 24:5-6

Si nous voulons éviter la calamité, nous devons désigner les auteurs de la pollution criminelle. Comme l’a fait remarquer le regretté musicien militant Utah Phillips il y a plus de dix ans :

“La terre ne meurt pas, elle est en train d’être tuée, et ceux qui la tuent ont des noms et des adresses.”

L’état profond profite de notre division et utilise des techniques dites de “stratégie du bourbon” pour maintenir les Américains dans des luttes intestines – noir contre blanc, urbain contre rural, chrétien contre musulman, droite contre gauche, col bleu contre col blanc, républicain contre démocrate – pour nous distraire de la guerre des classes contre les élites de l’état profond.

Le terme devrait, au contraire, nous unir.

Il est temps de trouver notre terrain d’entente et de combattre le véritable État profond, et non de nous combattre les uns les autres. Nous devons travailler ensemble pour échapper à la fascination de leurs mensonges et de leur propagande afin de nous unir contre les vrais criminels !