À l’issue d’une intense discussion publique d’une journée, un groupe de conseillers scientifiques de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a voté aujourd’hui par 16 voix contre 2 contre la recommandation d’une troisième injection du vaccin contre la COVID-19 de Pfizer pour les personnes âgées de 16 ans et plus.

Le vote a eu lieu après un débat animé au cours duquel de nombreux experts du comité indépendant, notamment des médecins et des statisticiens spécialisés dans les maladies infectieuses, ont contesté le fait que les données justifient une large diffusion des injections supplémentaires alors que les vaccins semblent toujours offrir une protection solide contre la maladie grave de la COVID-19 et les hospitalisations, du moins aux États-Unis, arapporté le New York Times.

« Il n’est pas évident que tout le monde ait besoin d’avoir leur protection vaccinale renforcée, à l’exception d’un sous-ensemble de la population qui présente clairement un risque élevé de maladie grave », a déclaré le Dr Michael G. Kurilla, membre du comité et responsable des National Institutes of Health.

La question de l’homologation de rappel vaccinal est devenue de plus en plus controversée, divisant les scientifiques, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la FDA, notamment les deux scientifiques qui ont récemment annoncé qu’ils quittaient la FDA en raison de la pression exercée par l’administration Biden pour approuver les doses de rappel, malgré l’absence de données justifiant une troisième injection.

L’administration Biden avait espéré que la FDA approuverait une troisième injection du vaccin de Pfizer à temps pour commencer à déployer le rappel vaccinal pour les bénéficiaires du vaccin de Pfizer la semaine prochaine.

« Il est réjouissant de voir des délibérations réelles lors de réunions tenues à la FDA au sujet de rappel vaccinal », a déclaré Mary Holland, présidente de Children’s Health Defense. « Il est encourageant de constater qu’un groupe d’experts a résisté aux pressions politiques et corporatives fondées sur l’absence de données convaincantes concernant la sécurité et l’efficacité du rappel vaccinal. »

Mme Holland a ajouté :

« On ne peut qu’espérer que les comités de la FDA et des Centers for Disease Control and Prevention continueront à s’engager dans un débat vigoureux sur la science et la médecine des vaccins. »

Comme le rapporte The Hill, le vote du comité consultatif n’est pas contraignant, de sorte que la FDA n’est pas tenue d’accepter leur conclusions. Mais si l’agence ne le fait pas, cela soulèvera d’importantes questions d’ingérence politique et opposera les scientifiques de l’agence aux responsables politiques qui ont approuvé le programme du rappel vaccinal.

Le mois dernier, dans une démarche inhabituelle, M. Biden et de hauts responsables de la santé, dont le chirurgien général Vicek Murthy, la commissaire par intérim de la FDA, Dr Janet Woodcock, et la directrice du CDC, Dr Rochelle Walensky, ont annoncé publiquement qu’un programme de rappel vaccinal commencerait la semaine du 20 septembre, bien avant que la FDA et le CDC n’examinent les preuves.

Jeudi, les scientifiques de la FDA avaient exprimé leur scepticisme quant à la nécessité des injections de rappel du vaccin contre la COVID-19 de Pfizer dans un rapport publié mercredi.

Dans le rapport de 23 pages, les responsables de la FDA ont déclaré que, sur la base de leur analyse des données soumises par Pfizer et BioNTech, ils ne pouvaient pas encore prendre position sur la recommandation ou non des rappels du vaccin contre la COVID-19 pour le grand public.

Le rapport de 23 pages a analysé les données soumises par Pfizer et BioNTech dans le cadre de leur demande d’autorisation pour l’administration de leur vaccin comme injection de rappel chez les personnes âgées de 16 ans et plus.